Si les salariés qui voient le verre à moitié plein ont davantage de chances de réussir professionnellement, les managers les plus enthousiastes sont aussi ceux qui tirent le meilleur de leurs collaborateurs.
Les entreprises ne s’y trompent pas : l’enthousiasme est une qualité de plus en plus recherchée chez les cadres.

Les Français aiment broyer du noir. En 2011, une étude de l’OMS leur attribuait la palme des champions du monde de la dépression. En 2013 il était possible d’espérer une amélioration de leur condition alors qu’ils perdaient leur titre de plus gros consommateurs d’antidépresseurs. Mais une étude parue cette année nous informe que sa jeunesse est la plus désespérée devant celles de 20 pays du monde, du Niger à l’Argentine en passant par l’Inde et la Corée du Sud…

Dans le documentaire “A la recherche de l’optimisme“, la journaliste Blanche Cabanel-Seo a voulu comprendre les racines du pessimisme français. La faute en reviendrait essentiellement à Voltaire et son imbécile heureux de Candide. Si la filiation est chic, les intervenants sollicités par la réalisatrice l’affirment tous : être optimiste c’est bon. Pour le moral évidemment, pour la santé également mais aussi pour sa carrière…

“Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme, de volonté” (Alain)

Le constat n’est pas nouveau : dans les années 80, le psychologue Martin Seligman avait déjà démontré le pouvoir de l’optimisme au travail. A l’époque, il a mené une étude auprès de la compagnie d’assurances Metropolitan Life. Conclusion : les plus optimistes vendaient presque 40 % de plus que les autres et leur taux de turn-over était deux fois moins élevé. Et entre les plus pessimistes et les plus optimistes, les premiers vendaient 88 % de plus que les seconds !

Seligman a poursuivi son étude en convaincant la compagnie d’assurances d’embaucher des vendeurs qui n’avaient pas réussi leur entretien mais qui présentaient un taux d’optimisme très élevé. Résultat, ces vendeurs initialement perçus comme très moyens se révélèrent à moyen terme plus performants que les autres commerciaux. La première année, leurs ventes étaient 21 % supérieures à la moyenne et jusqu’à 57 % dès la deuxième année. Comment expliquer cette réussite ? Par la persévérance dont font preuve les optimistes, répondit Seligman.

A la recherche de managers optimistes

Les optimistes sont donc une ressource importante pour les entreprises. Bonne nouvelle : c’est un trait de personnalité qui se cultive. D’ailleurs les entreprises cherchent de plus en plus à recruter des managers qui sauront insuffler leur positivité.

Philippe Gabilliet, professeur à l’ESCP, s’intéresse depuis longtemps aux pouvoirs de l’enthousiasme. Dans son livre “Éloge de l’optimisme. Quand les enthousiastes font bouger le monde”, il brosse, en 4 points, le portrait du manager optimiste :
– Il fait ressortir les “points forts” de ses collaborateurs. Ces derniers peuvent cultiver leurs points forts et éventuellement leurs “points d’effort”, ceux sur lesquels il est possible de s’améliorer. Concernant leurs points faibles, les managers doivent “faire avec, voire les neutraliser en les compensant (…) avec d’autres points forts”.
– Le manager optimiste ne s’attarde pas sur les échecs et “les raisons de la défaite”. C’est contre-productif et conduit à de la rancœur, note le professeur. A l’inverse du pessimiste, l’optimiste cherche des solutions même imparfaites pour avancer. Il sait que les réponses idéales n’existent pas.
– Autre trait de personnalité de l’optimiste : “il traque les ‘petites victoires’ (…) et aime prendre ses collaborateurs en flagrant délit de réussite”. Ce n’est pas une fois les choses accomplies qu’il faut féliciter ses équipes mais pendant qu’ils réalisent leur mission.
– L’optimiste pousse à la persévérance et à la prise de risque. Il sait que l’échec existe et que c’est une composante des succès à venir. Le manager optimiste pousse ses collaborateurs à innover, à se tromper mais surtout à réessayer jusqu’à ce qu’ils réussissent.

Les Français seraient-ils de simples râleurs sans consistance ? Pas quand cela tient du réalisme. En effet, être enthousiaste n’est pas un gage de réussite. Il est important d’anticiper les éventuels échecs et de ne pas se fier uniquement à sa bonne étoile.
Directeur général de Stéphane Gerbe, une entreprise confectionnant des collants haut de gamme, Philippe Genoulaz est aussi un passionné de sport. “Au quotidien, j’ai besoin de ma dose d’adrénaline. Mais je calcule toujours le risque à prendre. Je pratique l’alpinisme que je compare volontiers à l’entrepreneuriat : en montagne comme dans les affaires, si on n’a pas pensé à tout on dévisse. Pour avancer, il est nécessaire d’analyser son environnement et d’être bien préparé”.
Bref, optimiste mais pas naïf !

Source : https://www.cadreo.com/actualites/dt-effet-optimisme-carriere

PROCHAINS ÉVÉNEMENT OPTIMISTES :

– Soirée optimiste à Fontenay le Comte (Vendée) le 7 décembre 2017 avec une conférence « La force de l’optimisme ; quand les enthousiastes font bouger le monde » animée par Yves de Montbron, Secrétaire de la Ligue des Optimistes de France.
En savoir plus : https://www.liguedesoptimistes.fr/evenement

– Publication de « Monsieur Coué et moi » de Caroline Charron
Janvier 1923, Émile Coué débarque à New-York pour présenter sa méthode aux Américains. Bravant le froid, des centaines de personnes attendent ce « faiseur de miracles » à chacune des étapes de sa tournée sur la côte Est des États-Unis, persuadés qu’il pourra les guérir, là où nombre de médecins ont échoué. Adam, jeune reporter du Baltimore Daily est bien décidé à découvrir ce qui se cache derrière ce pharmacien français et son étonnante méthode qui a fait des émules dans le monde entier…
Avec ce roman enlevé et très bien documenté, Caroline Charron nous fait revivre la « Couémania » qui accompagna le pharmacien nancéen, dans les années 1920, de la capitale lorraine aux États-Unis.
« Monsieur Coué et moi » de Caroline Charron, 218 pages, 17 euros.

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