La première fois…

La première fois, ça peut surprendre.

L’ambiance match sans la pelouse.

La patinoire sans la glace.

L’atmosphère « hockey » sans les hockeyeurs.

Et la paire de chaussettes posée sur votre siège, en compagnie d’un carton bicolore.

 

Vous vous asseyez, un peu hésitant·e, la paire de chaussettes prudemment posée par terre. Vous manipulez le carton, vous prenez connaissance des lieux : le tableau de scores juste en face de vous, les tribunes sur les côtés.

Puis, la musique commence, façon « show à l’américaine ».

Le maître de cérémonie s’avance, vous souhaite la bienvenue.

La foule trépigne déjà d’enthousiasme.

Vous, c’est votre première fois, vous vous demandez un peu ce que vous faites ici, il faut bien le reconnaître. C’est votre voisin Hubert qui vous a donné des billets. Il est gentil, Hubert. Vous parlez souvent par-dessus la haie quand vous êtes dans le jardin. L’autre fois, vous lui avez prêté du matériel de jardinage et, en reconnaissance, il vous a invité à son match.

Un match pas comme les autres.

Vous, vous n’aviez jamais entendu parler de cette discipline, personnellement. 🤷‍♀️

 

Mais déjà, le maître de cérémonie annonce les équipes. Les joueurs, en tenue sportive assortie, avec un numéro et leur nom sur le dos, arrivent en courant et saluent la foule en délire.

Les rouges sont les premiers à entrer en scène.

Puis vous reconnaissez Hubert parmi les bleus. Alors, vous faites votre job de voisin·e, vous l’applaudissez bien fort.

 

Enfin apparaît l’arbitre… sous les huées du public.

Vous êtes surpris·e de voir un tel manque de fair-play, mais il faut reconnaître qu’il n’a pas l’air commode, le monsieur.

Il donne un coup de sifflet péremptoire et énonce des règles strictes. Sa moustache de dictateur ne frémit pas sous les « bouuuuuh ! » qui ponctuent son discours et, lorsqu’il a fini, seul un regard noir accuse réception des… 3 ou 4 chaussettes roulées en boule qui lui arrivent dessus.

Ah ah, vous comprenez mieux maintenant l’utilisation de cet accessoire…

 

Le premier round commence. Il s’agit, vous le comprenez vite, de mini combats qui opposent les deux équipes.

Et dès le premier combat, vous éclatez de rire. 🤣

Ce rire ne sera pas le seul.

L’esprit des joueurs, leur sens de la répartie, leurs trouvailles, sans compter les directives machiavéliques de l’arbitre ou les envois réguliers de chaussettes sur la scène vous feront hurler de rire. Vous en pleurerez, même, à en avoir mal aux côtes.

Et vous découvrirez votre voisin sous un tout nouveau jour. Mais c’est qu’il est drôle, Hubert !

 

Je viens de vous raconter ma première fois à un match d’improvisation. Qui a été suivie de nombreuses autres fois, tellement j’ai aimé le concept.

 

Un peu plus d’informations sur ce sujet

Les matchs d’improvisation ont été créés à la fin des années 70 au Québec, en reprenant les codes de leur sport national, le hockey. Puis ils se sont implantés dans de nombreux pays et, bien sûr, en France.

Voici ce que dit Wikipedia concernant les règles du jeu :

L’arbitre tire au hasard les thèmes (inconnus des joueurs) dans un barillet et indique la forme que l’improvisation (l’impro) prendra en faisant varier plusieurs éléments :

  • la nature (mixte ou comparée): une improvisation mixte permet aux deux équipes de jouer ensemble alors qu’une improvisation comparée voit les deux équipes se succéder sur la patinoire.
  • le titre, ou thème: il s’agit le plus généralement d’un mot ou d’une courte phrase choisi par l’arbitre lui-même mais, idéalement, choisi par un comité formé des personnes ne jouant pas, c’est-à-dire le M.C., les assistants arbitres et l’arbitre.
  • le nombre de joueurs: il peut être libre ou bien imposé par le carton.
  • la catégorie: elle peut être libre ou encore dictée par le carton parmi un large éventail de possibilités (à la manière de Molière, de Michel Audiard, chantée, en rimes, sans paroles, silencieuse, avec accessoire, etc.)
  • la durée: elle varie généralement de 30 secondes à 8 minutes, mais peut aller jusqu’à 20 minutes.

 

Pourquoi je vous parle de cela aujourd’hui ?

C’est parce que ce premier week-end de mars célèbre la 10ème édition du jour de l’impro !

Et si vous n’avez jamais assisté à un match d’improvisation, je vous conseille VRAIMENT de partir à la recherche de l’un d’entre eux dans votre région.

Voici un annuaire très complet de clubs et associations d’improvisation.

Et je vous invite à visionner un combat très drôle (et complètement loufoque) intitulé « Une cascade et des questions », issu d’un match d’impro entre les HeroCorps et Lily, en 2015 :

 

Alors, qui parmi vous a déjà assisté à un match d’impro ?

Pour celles et ceux qui ne connaissaient pas, j’espère vous avoir donné envie de le faire… 😉

Je vous promets beaucoup de rires à la clé et également beaucoup d’admiration envers l’inventivité de l’esprit humain.

Et ça, c’est très bon pour le moral ! 😊

Nathalie pour la Ligue des Optimistes de France